• Nouvelle #3

    Une nouvelle écrite comme ça.
    Un peu longue, donc félicitations à tous les courageux qui la liront ;)

    ——-

    Un rire.
    Un rire enfantin, grêle, clochettes et fantaisie.
    Un rire léger, décadent, magique.
    Penchée au-dessus du berceau, Mei contemplait son fils. Sa raison d’exister. Sa force. Sa faiblesse.
    Elle sentit Nanren se glisser derrière elle, l’enlacer. Les yeux de son mari se posèrent à leur tour sur l’enfant, qui d’un seul son répandait la joie et le sourire.
    Mei se laissa emporter dans la vague de souvenirs.

    *

    Ils s’étaient rencontré un beau jour.
    Ils s’étaient aimé dès que les yeux s’étaient rencontrés.
    Ils avaient senti qu’ils étaient fait l’un pour l’autre.
    Ils ne se trompaient pas.
    Leur mariage avait été discret, intime. Sous un grand prunier, symbole de fraîcheur et de vie. Là, ils avaient scellé un amour aussi fort qu’une tempête, aussi incroyable qu’un miracle, aussi rayonnant qu’un soleil.
    Leur fils était venu, goutte de bonheur pur et magnifique. Parfait.

    *

    Ils habitaient dans une petite maison, au milieu d’une immense plaine. A l’écart de la ville, qui se dressait quelques kilomètres plus loin.
    Ce jour-là, Nanren partit pour la ville, afin de s’approvisionner. Il déposa un doux baiser sur la joue de celle qu’il aimait et se mit en route.
    Elle le regarda s’éloigner, et n’arracha son regard que lorsque le vent eut englouti la vision de son mari.
    Elle fut la première à les entendre arriver.

    *

    Des bruits de sabots. Faibles, lointains. Comme un murmure.
    Mei regardait l’horizon, ses yeux délicatement bridés rivés sur l’horizon. Une troupe, sûrement impériale.
    Que venait-elle donc faire ici, dans une plaine isolée de Chine ?
    La deuxième chose qu’elle vit fut des feux. Tout aussi lointains que le nuage de poussière, qui s’approchait.
    Elle attendit, son fils serré dans ses bras. Elle attendit, l’air anxieux, le front plissé.
    Elle attendit et ils arrivèrent.

    *

    C’était bien des soldats, mais pas chinois. Leurs costumes rouges, leurs lourdes armures, leurs sabres, tout était différent.
    Ils poussaient des cris de guerre.
    Mei n’attendit pas d’en savoir plus. Son fils toujours blotti contre elle, elle sauta sur le dos de sa jument et partit en galopant en direction de la ville.

    *

    Le soleil se couchait.
    Appuyée contre le balcon, Mei le regardait sans le voir.
    Après avoir atteint le village au triple galot, elle s’était réfugié chez ses parents, qui vivaient là.
    Les soldats allaient arriver d’un instant à l’autre. Pourtant, elle n’avait pas peur.
    Non. Nanren était près d’elle. Arrivé en ville vers le début de l’après midi, il l’avait rejoint immédiatement. A présent, ils attendaient. Ensembles. Main dans la main, le bébé entre leurs silhouettes entrelacées.

    *

    Un hurlement. Non. Deux hurlements. Trois. Dix. Cent.
    Partout. Le feu. La peur.
    L’armée avançait dans la ville, semant horreur et désespoir. Ils tuaient les vieillards et les hommes, emmenaient les femmes afin de se repaître de leurs corps avant de les laisser à la mort, capturaient les enfants, massacraient les bébés.
    Mei courait, son fils blotti contre elle.
    Nanren avait disparu. Elle allait le retrouver. Forcément.
    Il le fallait.

    *

    Un cri d’agonie qui déchire la nuit.
    Un dernier regard.
    Nanren s’écroule. Une phrase s’échappe de ses lèvres, à l’intention de sa femme qui se tient devant lui.
    – Je t’aime.
    – Moi aussi.
    Mais il n’entend pas la réponse. Il a déjà rejoint le sommeil éternel de ceux qui ne l’ont pas choisi.

    *

    Une silhouette s’enfuit dans la nuit.
    Les cheveux au vent, les larmes coulant sur ses joues.
    Une nouvelle veuve qui sauve la vie de son fils. Une âme déseperée qui fuit les feux, au loin.
    Une nuit qui s’efface, une larme qui roule.
    Des guerriers la poursuivent.
    A l’aube, une flèche traverse la distance entre le cheval et les soldats.
    Elle se plante dans le dos d’une silhouette, qui tombe sur le côté.
    Les soldats repartent. Il n’y a plus de danger, puisqu’elle est morte.

    *

    Un rayon de soleil qui joue près du corps sans vie d’une femme qui, à peine vingt quatre heures avant, goûtait la joie de vivre.
    Son enfant est là. Eclatant d’un rire enfantin, grêle, clochettes et fantaisie.
    Un rire léger, décadent, magique.
    L’ombre d’un prunier le protège du soleil, symbole de fraîcheur et de vie.
    Il s’appelle Xiwang.
    Ca signifie espoir en chinois.


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  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Août 2015 à 17:42

    Bonjour, 

    J'ai bien apprécié ta nouvelle. L'histoire est vraiment touchante, et tu as une belle écriture. : ) 

    Bonne continuation. 

    2
    Mardi 4 Août 2015 à 17:46

    Merci :)
    Bonne continuation à toi aussi

    3
    Mardi 4 Août 2015 à 17:54

    De rien et merci. : ) 

    4
    Mardi 4 Août 2015 à 19:33

    La nouvelle est longue peut-être mais ça vaut sans doute le coup de la lire jusqu'au bout! ^^ De toute manière, on a pas vraiment le choix, étant donné qu'elle nous plonge dans l'histoire... C'est vrais que tu as une belle écriture ^^

    5
    Mardi 4 Août 2015 à 19:43

    Merci beaucoup ^^
    J'ai en effet essayé d'entrer le plus vite possible dans le vif de l'histoire.

    6
    Mardi 4 Août 2015 à 21:14

    De rien :)
    Oui on voit ça^^

    7
    Mardi 4 Août 2015 à 21:54

    C'est super bien écris! ^^ Bravo! cool

    8
    Jeudi 6 Août 2015 à 09:06

    Waw Adèle ! C'est magnifique, vraiment ! :O Tu écris vraiment bien ! *-*

    9
    Jeudi 6 Août 2015 à 10:05

    Merci beaucoup, vraiment. Vous êtes formidables <3

    10
    Jeudi 6 Août 2015 à 10:06

    Au fait, qu'en pensez vous du nouveau design ?

    11
    Jeudi 6 Août 2015 à 11:40

    Merci toi aussi!!! ^^

    Je l'aime bien! ^^

    12
    Jeudi 6 Août 2015 à 12:03

    Idem :) 

    13
    Vendredi 7 Août 2015 à 14:33

    Il est super, franchement :)

    14
    Vendredi 7 Août 2015 à 14:33

    J'aime trop la citation que t'as mise dans la bannière <33

    15
    Vendredi 7 Août 2015 à 14:35

    Pareil! ^^

    16
    Vendredi 7 Août 2015 à 15:03

    Mici c'est gentil ^^
    (c'est de Pierre Bottero) (si vous cherchez de joulies citations tapez "Bottero citations" dans Google)

    17
    Vendredi 7 Août 2015 à 15:03

    Tu aimes beaucoup Boterro non?

    18
    Vendredi 7 Août 2015 à 15:05

    Wi *-*

    19
    Vendredi 7 Août 2015 à 15:05

    Tu as donc lu la quête d'ewilan?

    20
    Vendredi 7 Août 2015 à 15:09

    Oui, la Quête, les Mondes, Ellana, Les Ames Croisées et je viens de commencer l'Autre.
    Et toi ?

    21
    Vendredi 7 Août 2015 à 17:33

    Quoi?? C'est de Bottero?? Waw... Décidément j'adore cet écrivain. Ça vient d'un livre ou quoi?

    22
    Vendredi 7 Août 2015 à 17:42

    Ellana, tome 3 "La Prophétie".
    Réponse de Salim à l'Ahn Ju.
    - Crains-tu mon jugement?
    - Non.
    - Pourquoi?
    - Parce que je m'offre à lui.
    - Crains-tu le jugement des autres?
    - Non.
    - Pourquoi?
    - Parce que je dénie aux autres le droit de me juger.
    - Pourquoi cours-tu?
    - Pour sentir la fraîcheur du vent sur mon visage.
    - Mais encore?
    - Pour le chemin qui défile devant moi et celui qui s'étire derrière.
    - A quoi sert un mur?
    - A être franchi.
    - Qu'y a-t-il de l'autre côté du mur?
    - Je suis de l'autre côté.
    - Que dit l'étoile du matin au soleil qui se lève?
    - La douceur de la nuit et l'importance du doute.
    - Que répond le soleil?
    - La puissance des convictions et la beauté de la lumière.
    - Es-tu étoile ou soleil?
    - Ni l'un ni l'autre.
    - Es-tu étoile ou soleil?
    - Les deux.
    - Que deviennent les rêves qui se brisent?
    - Les rêves ne se brisent pas.
    - Que deviennent les rêves qui se brisent?
    - Le terreau des rêves à venir.
    - Combien possède-tu de maîtres-mots?
    - Quatre. Pour l'instant.
    - Offre-les moi.
    - Harmonie, ouverture, plénitude et respect.
    - L'homme et le loup se disputent un territoire. Qui a raison?
    - Le loup.
    - De combien de maîtres-mots est pavée la voie?
    - Je l'ignore.
    - Pourquoi le loup?
    - Parce qu'il tutoie la lune et joue avec le vent.
    - Et toi?
    - Homme et loup. Etoile et soleil. Lune et vent.
    - Six mots. Choisis-en un.
    - Marchombre.

    23
    Samedi 8 Août 2015 à 14:39

    Oh oui c'est vrai ! Je suis bête je l'ai lu en plus... J'adore ce passage d'Ellana... <33

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