• Shatter me [d'après le clip de Lindsey Stirling]

    Euh, bon, j'étais censée quitter le Net sauf qu'il fallait bien que je vous remercie.
    Vous êtes 3248 à être venus ici. C'est... au delà de tout ce que j'imaginais.
    Alors un petit texte vraiment très étrange malgré mon annonce de partir parce que... bah... fallait bien se quitter sur un texte, non ?

    /!\ pour comprendre ce texte, il faut voir le clip « Shatter me » de Lindsey Stirling SINON VOUS RISQUEZ DE NE RIEN Y COMPRENDRE. Et aussi ceci :
    Imaginez un vieil atelier rempli d'engrenages.
    Imaginez un boule de verre où tourne une petite danseuse.
    Une danseuse de porcelaine... /!\

    Je tourne en rond dans le noir.
    Des étincelles qui jaillissent du mécanisme rouillé éclairant mon visage de porcelaine.
    Mes mains parfaitement froides et lisses qui enserrent un violon.
    Je suis la funambule de la pénombre.
    La danseuse du vide.
    Ça fait des siècles que je tourne comme ça.
    Qui suis-je ?  Je savais. Je ne sais plus.
    Je ne sais pas.
    Juste un jouet laissé à l'abandon, juste une poupée au milieu des engrenages.
    Oubliée. Morte.
    Mais peut-on être morte quand on est la funambule de la pénombre, la danseuse du vide ?
    Je n'ai pas à le savoir.

    Soudain un bruit. Craquement inattendu. Surprenant.
    Je sursaute. Qui peut bien se rendre au beau milieu de l'oubli
    Dans l'atelier d'un inventeur disparu depuis des siècles ?
    C'est une jeune femme. Une pauvre âme qui erre dans les roues du temps.
    A mi-chemin entre vie et disparition
    Pour ne pas dire mort.
    Que veut-elle donc ?
    Je me hisse sur mes petits chaussons. Du haut de ma boite je la vois enfin.
    Visage jeune mais recouvert de cendres.
    Elle était étendue par terre juste avant. Elle vient de se relever.
    Comment se fait-il que je ne l'ai pas aperçue ?
    Je n'ai pas à le savoir.

    Elle s'approche inexorablement.
    Son visage déformé par la curiosité, une étincelle dans son regard.
    Mon souffle s’accélère.
    Mon souffle ? Je ne suis qu'une simple marionnette.
    Et pourtant mon cœur bat au rythme de ses gestes.
    Lève le bras
    Boum.
    Tourne le visage
    Boum.
    Ouvre ses yeux
    Boum.
    Je vis alors que je ne suis
    Qu'une funambule, une danseuse prisonnière d'une bulle de verre posée sur une étagère.

    Elle passe un doigt sur les rebords poussiéreux des meubles rouillés.
    Curiosité
    Boum.
    Elle tourne un boulon.
    Un simple boulon.
    Qui fait tout exploser.

    Mes yeux s'allument enfin. Ce boulon ainsi vissé me fait ressentir
    Une force incroyable.
    Mêlée de vie.
    L'air s'infiltre dans mes poumons.
    Enfin.
    Tout s'enchaîne.
    Je me relève de mon socle. Mon violon fait le reste.
    Il est ma bouée, je suis son appui.
    Valse jusqu'à la mort et bien plus encore
    Il est la joie et moi le désespoir.
    La solution et la défaite.
    Le froid et le chaud.
    Boum.
    Boum.
    Virevolte et m'emporte dans les airs.
    Rythmant, cassant, terrible.

    La bulle se fissure.
    La femme qui vient d'entrer frémit.
    Tombe.
    Crac. Boum.
    Des larmes. C'est des larmes qui dégoulinent, s'écrasent.
    J'ai peur. Je me jette au sol.
    Un miroir bascule d'une autre étagère. Tombe.
    Se fracasse.

    Je n'en peux plus. Je veux en finir.
    Il ne reste plus qu'une solution.
    Poing serré, prêt à l'impact.
    Craquement. Brisure.
    Je brise ma cage, brise le verre, brise ma bulle.
    Je me bats comme une folle.
    Boum. Crac. Boum.
    Parfaitement synchronisé.

    Je baisse les yeux pour voir mes bras se fissurer.
    En brisant ma cage je me brise moi-même.
    Un engrenage manque et tout le système fait faillite.
    De son côté, la femme pousse des cris.
    Elle essaie de réparer mais empire la situation.
    Un autre engrenage roule au sol.
    Mes jambes se fragmentent, illuminent la bulle.

    La bulle explose enfin.
    Je me sens choir dans les airs.
    Tomber lentement de l'étagère.
    C'est le coup de grâce, mon dernier souffle.
    Je m'empare de mon violon. M'y agrippe.
    Un dernier accord.
    Qui me fait voler en éclats.
    Je me transforme en une pluie
    Une pluie d'étoiles filantes.
    Fragments oubliés de porcelaine.

    Quelque part une danseuse se matérialise. En chair et en os. Un violon serré dans ses mains, des éclats de verre tout autour d'elle. Elle sourit.


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